Réduire au minimum vital, contribuer pour ce qui reste, puis régénérer le vivant et le tissu social.
Une démarche RSE régénérative cherche à ramener l’activité sous le plafond écologique sans passer sous le plancher social : on réduit d’abord ses impacts, on contribue ensuite pour ce qui reste, puis on aide le vivant et le territoire à se régénérer.
Ces neuf processus tiennent la Terre habitable. Sept sont déjà dépassés selon le bilan scientifique de 2025. Sur une feuille de route, on cherche lesquels votre activité touche vraiment, de vos activités et sites jusqu’à la chaîne de valeur, et on mesure d’abord ce qui est mesurable.
Climat
Comptez les émissions de vos sites et du transport, en plus de l’énergie et de l’empreinte du bâtiment. Le climat = des tonnes d’émissions à réduire d’abord, puis des contributions pour ce qui reste.
Biosphère
Nommez ce qui vit encore sur place : haie, mare, espèce. Estimez l’empreinte de vos infrastructures et celle de votre chaîne de valeur. Vous saurez alors quels sont vos impacts et comment agir sur la biosphère.
Usage des sols
Quelle surface occupez-vous, imperméabilisez-vous ou faites-vous convertir, y compris chez les fournisseurs ?
Eau douce
Mesurez les litres prélevés et l’eau qui n’est pas recyclée. Laquelle est réchauffée, laquelle est polluée.
Azote et phosphore
D’où viennent les nutriments, où partent-ils, et qui reçoit l’excès en aval ?
Acidification des océans
Vos émissions de CO₂ touchent la mer même si vous êtes loin du rivage. Reliez-les au climat déjà compté.
Aérosols
Ce sont les particules de vos combustions et de vos procédés. On les réduit à la source autant que possible. Peut-on en faire des coproduits, ou les recycler ?
Ozone
Cherchez les substances qui attaquent la couche d’ozone dans les fluides et les solvants que vous achetez encore. Essayez de trouver des remplaçants moins problématiques lorsque c’est faisable.
Entités nouvelles
Si vous ne pouvez pas dire où finit une molécule ou un matériau imputrescible que vous fabriquez, son remplacement serait tout indiqué sur votre feuille de route.
Le plancher social est l’anneau intérieur du donut : c’est ce dont les personnes ont besoin pour vivre. Une feuille qui allège le climat en reportant le coût sur un salaire, une saison ou un fournisseur sort de l’espace sûr. Demandez-vous qui portera les changements que vous allez proposer.
Eau
Qui manque d’eau sur le territoire quand vous tirez la vôtre ?
Nourriture
Une feuille de plus ne verdit pas un bilan en affaiblissant les circuits alimentaires déjà fragilisés.
Santé
Quels risques faites-vous porter à vos salariés : chaleur, poussière, produits, horaires ? Votre document unique des risques professionnels est-il complet et à jour ?
Éducation
Le temps d’apprendre le métier qui change fait partie de la feuille de route, pas d’un à-côté.
Revenu et travail
Le changement doit laisser un salaire et une saison tenables. Sinon il ne tiendra pas.
Paix et justice
Votre chaîne de valeur passe-t-elle par un conflit, un droit bafoué, une terre disputée ? Implique-t-elle de la maltraitance, de la destruction de cultures, du travail des enfants ?
Voix politique
Qui décide sur le site ? Une feuille de route écrite sans impliquer celles et ceux qui y travaillent reste une promesse de la direction.
Équité sociale
Qui gagne et qui perd quand vous réduisez certaines activités ? L’impact ne doit pas retomber uniquement sur les mêmes personnes.
Égalité des sexes
Regardez qui porte le travail invisible du changement : soutien, saisons, horaires.
Logement
Votre activité déplace-t-elle des populations, loge-t-elle mal les employés, ou rend-elle certains lieux invivables ?
Réseaux
Nommez les liens que la feuille de route renforce : voisinage, métiers, associations, peuples.
Énergie
Baisser votre facture ne doit pas couper l’accès des personnes qui en ont besoin.
Un levier n’est pas une case à cocher dans une liste de souhaits. Pour chacun de ces leviers, demandez-vous ce que vous arrêtez, ce que vous changez dans la façon de produire, et ce que vous régénérez. Décarboner sans se reconnecter au vivant risque de rester superficiel.
Décarbonation
Réduisez autant que possible la combustion du procédé et du transport avant de financer une contribution.
Reconnexion au vivant
Repartez du sol, de la haie, de l’eau et des espèces déjà là. C’est le premier geste.
Circularité
Commencez par ce que vous ne fabriquez plus, puis par ce qui revient en matière.
Renoncement
Arrêter une activité qui ne tient pas dans le donut est une décision, pas un échec.
Coopération
Cherchez sur le territoire qui mesure déjà et qui répare déjà, et faites le pas avec eux.
Alignement des intérêts
Le gain de celui qui décide doit aller dans le même sens que la baisse d’impact. Sinon la feuille de route vous fait reculer au lieu d’avancer.
01
Alléger
Éviter et réduire d’abord les pressions sur l’eau, le sol, le climat et les personnes. On mesure ce qui change.
Est-ce que je connais réellement mes impacts ? Sur toute la chaîne de valeur ?
Comment réduire mes transports et mes coûts associés ?
Quels fournisseurs pourraient être plus vertueux ?
Qui peut m’aider ou m’accompagner ?
02
Contribuer
Financer des projets traçables, près du site et le long de la chaîne de valeur, pour ce que l’on n’a pas encore pu réduire. Une contribution additionnelle et durable, jamais une excuse pour ne pas réduire.
Quelle est l’activité qui impacte le plus et dont vous pouvez amorcer le changement ?
Quels projets locaux et traçables puis-je financer pour ce qui reste de mes émissions de CO₂ ?
Et si je m’associais avec d’autres acteurs du territoire pour apporter une solution de réduction commune ?
03
Régénérer
Restaurer le vivant et le plancher social du territoire, au-delà de ce que l’on a évité ou compensé.
Quel business pour demain ?
Et si le biomimétisme m’aidait à réduire mon besoin de R&D ?
Quel avenir pour nos enfants, et comment puis-je contrebalancer ce qui ne peut plus être arrêté ?
Sur combien de temps dois-je planifier ?
« Une économie saine se conçoit pour prospérer, pas pour croître. »
Commencez par cartographier ce que l’on est : sites, métiers, chaîne de valeur. Estimez ensuite les impacts. De nombreux outils existent en ligne, notamment l’Impact Score.
Le plancher social
Le vivant comprend aussi les personnes. Saisons, revenus, savoir-faire local et ce que l’on décide d’arrêter font partie de la feuille de route. Comment les embarquer efficacement ? L’expérience est la meilleure solution, vous diront vos compagnons !
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une démarche RSE régénérative ?
C’est une démarche de responsabilité sociétale qui ne se contente pas de limiter les dégâts. Après avoir réduit ses impacts et contribué pour le reste, l’organisation restaure des milieux et des liens sociaux sur son territoire : haies, sols, eau, emplois, savoir-faire.
Pourquoi « contribuer » plutôt que « compenser » ?
Depuis le 27 septembre 2026, la directive européenne 2024/825 interdit d’affirmer qu’un produit est neutre ou à impact réduit grâce à la compensation. On parle donc de contribution : financer des projets traçables et additionnels, sans s’en servir pour revendiquer une neutralité.
Ma PME est-elle concernée par la CSRD ?
Depuis la directive Omnibus publiée en février 2026, le reporting CSRD obligatoire vise les entreprises de plus de 1 000 salariés et de plus de 450 millions d’euros de chiffre d’affaires. Les autres peuvent utiliser le standard volontaire VSME, souvent demandé par les clients et les banques.
Combien coûte Greencelium ?
Rien. La méthode, les guides, le forum, l’annuaire et la feuille de route sont gratuits. Les compagnons annoncent leurs conditions : certains accompagnent bénévolement, d’autres en prestation. Les contributions volontaires financent le développement et l’hébergement de la plateforme.
Appliquer la méthode à votre organisation
Votre feuille de route reprend ces questions, classe les actions en trois temps et vous relie aux acteurs de votre territoire.